
Mon travail se déploie principalement sur le bois, où j’intègre différentes matières en laissant volontairement des espaces vierges. J’y associe parfois du papier, lisse ou texturé, de la toile fine ou épaisse, ou encore des empâtements. J’interviens ensuite sur ces surfaces de multiples façons : à l’huile, au crayon, par retrait de matière ou par des jeux d’impression qui laissent des traces.
Souvent, ce sont des détails qui m’inspirent : une tache, une empreinte, un mot ou une vision deviennent alors le point de départ du discours. J’aime partir du minuscule pour tendre vers l’essentiel, vers une forme plus vaste. Les matériaux me servent de terrains de rencontre où les sujets peuvent s’opposer ou dialoguer.
Dans mon univers, abstraction et réalité cohabitent. Je cherche à créer une dimension nouvelle, un espace où ces deux mondes se rejoignent par l’imaginaire. Ce qui m’attire particulièrement, c’est le non-dit, le non-vu : ce mystère qui interpelle et ouvre des possibles.
Ce qui guide ma démarche, c’est le senti : donner vie, susciter l’émotion ou provoquer un questionnement. Ma préoccupation centrale demeure le temps, dans toutes ses formes : sa fragilité, sa force, ses déplacements, ses instants condensés ou son infini, toujours en mouvement et en jeu avec tout.
